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[Soutenance HDR] Temps de déchirements. Récits, traces et expériences françaises d’une crise africaine contemporaine

Avis de soutenance d'Habilitation à Diriger des Recherches de François Robinet

le 9 février 2026

Lundi 9 février 2026
13h
EHESS, 54 Boulevard Raspail, 75006 Paris
Salle : BS1-05 / BS1-28 (sous-sol du bâtiment).
Composition du dossier :
• Un mémoire de synthèse de l’activité scientifique du candidat : Éprouver l’histoire du temps présent. Être un historien français face au génocide des Tutsi du Rwanda (104 p.)
• Un mémoire de recherche inédit : Engagements, controverses et écriture de l’histoire : la relation franco-rwandaise de 1973 à 2012 (T1 : 489 p. ; T2 : 444 p. ; T3 « Tables et annexes » : 193 p.)
• Un volume de travaux scientifiques (331 p.)

Résumé :
Intitulé Temps de déchirements. Récits, traces et expériences françaises d’une crise africaine contemporaine, ce dossier d’habilitation se compose de trois volumes. Il articule une étude historique des relations franco-rwandaises à une réflexion épistémologique sur l’écriture de l’histoire du temps présent en contexte de fortes tensions politiques, médiatiques et mémorielles. L’ensemble vise à saisir comment la question des responsabilités françaises dans le génocide contre les Tutsi du Rwanda a contribué à façonner à la fois les pratiques de recherche, l’accès aux sources et la place de l’expertise historique dans l’espace public. Il propose ainsi une réflexion d’ensemble sur les conditions d’écriture de l’histoire du temps présent lorsque l’historien travaille sur un terrain particulièrement sensible et conflictuel.

Le mémoire inédit, Engagements, controverses et écriture de l’histoire : la relation franco-rwandaise (1973–2012) propose une étude approfondie de la relation franco-rwandaise à travers les débats, polémiques et controverses suscités par la « question française » entre 1973 et 2012. Il vise à dépasser les analyses centrées sur le seul génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda pour offrir une mise en perspective historique de la manière dont la France a consolidé son rôle au Rwanda, de l’émergence progressive des critiques avant le génocide jusqu’à l’affirmation d’une violente dispute publique, qui a profondément affecté la fabrique des mémoires comme l’écriture de l’histoire.
L’originalité de ce travail réside dans une double approche : l’auteur mobilise à parts égales des archives françaises et rwandaises, et confronte archives publiques, militantes et médiatiques. Cette méthode permet d’analyser les différentes dimensions de la controverse et de ses reconfigurations, tout en restituant leurs effets sur le jeu des acteurs — politiques, militaires, militants associatifs et chercheurs —, en deçà et au-delà du génocide.
Les résultats sont présentés sous la forme d’un récit historien destiné à la fois à un public savant et à un lectorat plus large. L’écriture met en lumière les tensions entre engagement des acteurs, débat public et construction de l’histoire. Au sein d’une historiographie dominée par les écritures militantes et journalistiques ainsi que par les tentatives de prise en charge de l’écriture de l’histoire par le politique, cette recherche inédite propose une lecture renouvelée de la relation franco-rwandaise, contribuant ainsi à une meilleure compréhension des enjeux mémoriels et politiques contemporains.

Titrée Éprouver l’histoire du temps présent. Être historien français face au génocide des Tutsi du Rwanda, l’« égo-histoire » revient sur la quête des sources, sur le rapport du chercheur au terrain rwandais et sur les effets des contextes politiques et mémoriels sur les pratiques de recherche. Elle analyse notamment la manière dont l’intrusion du pouvoir politique dans le champ historiographique, en particulier depuis 2019 avec la création de la commission d’historiens et de juristes mandatée par le président Emmanuel Macron, a reconfiguré l’accès aux archives, les attentes d’expertise et les modalités d’écriture de l’histoire du génocide.
Le recueil de publications présente une sélection d’articles scientifiques retraçant l’évolution des questionnements et des orientations de recherche de l’auteur. Il met en lumière un parcours d’abord ancré dans l’histoire culturelle des médias, puis progressivement ouvert à l’étude du génocide des Tutsi au Rwanda, à l’exploration de la diversité des archives mobilisables et à l’analyse des enjeux publics liés à l’écriture de cette histoire. Ce déplacement témoigne d’un intérêt croissant pour une histoire plus politique et réflexive, attentive aux conditions de production du savoir et aux usages contemporains du passé. Le recueil rassemble également plusieurs textes coécrits, qui soulignent la dimension collaborative de ces travaux, ainsi qu’un ensemble d’articles de médiation scientifique témoignant de l’engagement constant de l’auteur en faveur d’une large diffusion des connaissances.

Composition du jury :
• M. Stéphane AUDOIN-ROUZEAU (garant et rapporteur interne), Directeur d’études émérite, EHESS
• Mme Annette BECKER (rapporteure externe), Professeure émérite en histoire contemporaine, Université Paris Nanterre
• Mme Florence BERNAULT, Professeure en histoire contemporaine, Sciences-Po Paris
• M. Pieter LAGROU (rapporteur externe), Professeur en histoire contemporaine, Université libre de Bruxelles
• Mme Caroline MOINE, Professeure en histoire contemporaine, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
• M. Christophe PROCHASSON, Directeur d’études, EHESS
• Mme Sylvie THENAULT, Directrice de recherche, CNRS - Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Informations complémentaires
Les personnes souhaitant assister à la soutenance à distance peuvent contacter le candidat afin d’obtenir le lien de visioconférence : francois.robinet@uvsq.fr