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L'histoire de l'édition, du livre et de la lecture en France de la fin du XVIIIe siècle au début du XXIe siècle : approche bibliographique

Approche bibliographique, par Jean-Yves Mollier, actualisée en 2019.

le 9 avril 2019

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Bibliographie actualisée le 09 avril 2019, à télécharger ici. [DOC - 468 Ko]

La première caractéristique de cette discipline en constant renouvellement, c’est incontestablement sa jeunesse, pouvait-on souligner, au tout début des années 1990, lors de la rédaction de la première mouture de cet article. Cette relative jouvence transparaissait encore mieux quand on effectuait quelques sondages dans les répertoires classiques des travaux universitaires disponibles avant l’arrivée d’Internet. Les grandes revues scientifiques, Revue historique, Revue d’histoire moderne et contemporaine, Annales, avaient traité, parfois, du livre, plus rarement de l’édition, avant la Révolution française. Elles étaient quasiment muettes, en dehors de quelques comptes rendus d’ouvrages, sur la production dans ce domaine après 1789. La Liste des mémoires de maîtrise soutenus en histoire contemporaine, publiée par l’université de Paris X-Nanterre en 1980, et son complément, imprimé en 1983  , avaient recensé des centaines de travaux conduits par de jeunes chercheurs dans les universités françaises depuis 1972. Les seules études qui concernaient notre domaine d’investigation traitaient, épisodiquement, des manuels scolaires, de l’enseignement de l’histoire, des almanachs ou des journaux, jamais de l’édition contemporaine proprement dite, que l’on ne voyait guère apparaître que dans la base SUDOC de l’ABES pour la période récente, postérieure au changement de millénaire.
 
Pourtant l’Histoire de l’édition française (1982-1986) , de même que celle des Bibliothèques françaises (1989-1992), est la première du genre à avoir vu le jour dans le monde, si l’on met à part une Histoire du livre et de l’imprimerie en Belgique  ainsi que l’esquisse, en Allemagne, à la fin du XIX° siècle, d’un historique de la librairie germanique. Elles ont servi de modèle mais non de « patron » aux équipes nationales constituées dans les îles britanniques (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande), en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Espagne, en Italie, en Australie, en Inde, en Nouvelle-Zélande ou en Russie, ce qui est pour le moins paradoxal. Terminus a quo et non ad quem, cette Histoire de l’édition française a dynamisé les historiens français qui ont beaucoup publié à partir de 1984, année où était mis en vente le tome 3 de la série portant sur les années1830-1914. Une postface a dû de ce fait être ajoutée à la réédition de ce volume chez Fayard en 1990 afin de tenir compte de la multiplication des travaux achevés entre ces deux dates. Depuis lors, l’éclosion de centaines de travaux universitaires, la dissémination des équipes dans les universités, grandes écoles ou instituts, a conduit la discipline à éclater dans de multiples directions en fonction des préoccupations propres à chaque centre ou laboratoire. On tentera d’en montrer la diversité en étudiant, plus loin, le territoire de l’histoire du livre et de l’édition et les incursions qu’elle pratique allègrement dans les autres domaines du savoir. L’histoire de la discipline doit être abordée, en préambule, afin d’éclairer ses mutations et d’expliquer l’intérêt actuel des chercheurs pour cette spécialité. Ses méthodes, les lieux où elle s’est installée seront également examinés avant d’en venir à sa finalité qui fera l’objet de notre conclusion. On en trouvera une approche plus synthétique dans « L’histoire du livre et de la lecture : bilan de 50 ans de travaux l’édition », un exposé présenté à l’occasion du colloque de Cerisy de 2004 consacré à L’histoire culturelle du contemporain.
Informations complémentaires
Jean-Yves Mollier est professeur émérite des universités en Histoire contemporaine, Docteur ès lettres et sciences humaines (doctorat d’Etat en histoire) (université Paris I, 1986), docteur en littérature française (université Paris 3, 1978), directeur du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de 1998 à 2005, directeur de l’ED COL de 2005 à 2007 et directeur de l'ED CRIT de 2009 à 2014.