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Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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"Une histoire culturelle et politique du Festival yougoslave du film documentaire et du court-métrage, 1954-2004. Du socialisme yougoslave au nationalisme serbe." par Dunja Jelenkovic

Disciplines : histoire, histoire de l'art et archéologie Laboratoire : CHCSC

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Résumé
Pour des États jeunes qui doivent encore construire leur identité et bâtir un sentiment d’appartenance et d’unité chez leurs citoyens, le passé devient une ressource vitale dans la réalisation de leurs objectifs immédiats. La production d’un sentiment d’appartenance à un seul et même groupe implique d’une part, la mise à l’écart de toutes les informations qui peuvent compromettre cette unité, et d’autre part, la mise en avant de celles qui contribuent à l’alimenter. Cela n’est pas propre au rapport au passé, cette approche est aussi observable dans le rapport que ces États nouent avec le présent. Le résultat d’un tel processus est à la fois, la mésinterprétation du présent, et la création d’une histoire plus acceptable – les deux servant au renforcement de l’unité du groupe. Dans cette thèse, nous analysons le Festival yougoslave du film documentaire et du court-métrage, dans le but de questionner la manière dont celui-ci a participé au processus de création d’une identité (nationale) commune. Nous observons cette participation dans deux contextes distincts et successifs, ceux de deux jeunes États ayant vu le jour pendant une guerre – la Yougoslavie socialiste multinationale (1943) et la Yougoslavie postsocialiste, État serbe mono-national (1992).
Ce travail de recherche se concentre sur l’étude des documentaires, qui constituent la plus large section programmatique du festival, et qui représentent aussi la plus grande part de films produits en Yougoslavie. Le choix du documentaire est lié aussi à sa relation à la « réalité ». Parce qu’il montre des images de véritables personnes, des vrais lieux et des vraies situations, le documentaire, au lieu d’être perçu comme la vision du présent d’un artiste et sa mémoire du passé, peut être confondu par le public avec la réalité elle-même. Dans cette optique, l’objectif de ce travail est donc de questionner à travers l’analyse des programmes du festival, le type de « réalité » qui était présenté aux différents publics à une époque marquée par la succession de deux régimes autoritaires, mais opposés sur le plan idéologique.
Il s’agit de comprendre dans quelle mesure le festival, en tant qu’événement financé par des institutions étatiques et seule vitrinedu film documentaire en Yougoslavie, puis en Serbie, pour la période étudiée, a contribué à renforcer la construction nationale en imposant à ses publics une certaine mémoire du passé et/ou une interprétation du présent. Ainsi, cette thèse examine d’une part, la façon dont le festival a participé la création de la mémoire culturelle de la Yougoslavie, et d’une autre, son positionnement en tant que partie intégrante de cette mémoire. L’analyse débute par la création du festival en 1954 et se conclue par son internationalisation en 2004. Il s’agit pour le festival, d’un adieu officiel à son passé yougoslave, plus d’une décennie après sa sortie effective du cadre yougoslave.

Abstract
In the context of new states, which still need to construct their identity and the sense of belonging and unity among their citizens, the past becomes a vital tool for achieving
the political goals important in the present. In order to create the sense of belonging to one group, information that could jeopardize the sense of community is discarded at the same time as when information that could reinforce it needs to be highlighted. A
similar process can be observed when it comes to contemporary issues, which also tend to be modified in order to strengthen the unity of the group. The result of that process is often, on the one hand, misinterpretation of the present, and on the other, creation
of a ‘more acceptable’ history, which dominates in the public space in place of the real one. Focusing on the questions related to the representation of the past and the present, this thesis analyses the programs of the Yugoslav Documentary and Short Film Festival in order to examine how the festival participated in the creation of common (national) identities of two new states born immediately before and during its long existence – fi rstly, the multi-national socialist Yugoslavia (1943), and secondly, the post-socialist Yugoslavia as a mono-national Serbian state (1992).
The study focuses on the documentaries as the largest festival section, and the largest, and especially important, part of the overall Yugoslav fi lm production. Yet, the interest for documentary film is also due to its particular form, completely relying on the
images ‘from the reality’ (real people, places and situations). While the lack of actual representation of reality in documentary cinema is a well-known point for film professionals and film theorists, the link between documentary and reality stays a gray zone for the ones whom the films are made for – general audiences. Without necessarily having sufficient technical or theoretical knowledge, general audiences might tend to understand documentary cinema as a truthful representation of reality, instead of critically analyzing it as an artistic vision of reality.
Bearing in mind the previous assessment, the study examines what kind of ‘reality’ was presented to the festival audiences in two distinct political periods, corresponding to the establishment of two different states, both born in wars, and both defined by authoritarian, but mutually opposing political regimes. The analysis examines to which extent the festival, as an event financed by state institutions and the only place for showcasing documentary film in Yugoslavia/Serbia in the researched period, participated in nationbuilding by imposing, through its programs, a certain memory of the past and a certain interpretation of the present. In doing so, this thesis examines how the festival participated in the creation of the cultural memory in socialist and post-socialist Yugoslavia, and explores its very position within that cultural memory. The analysis starts with the creation of the festival in 1954 as the ‘official’ place for the display of socialist Yugoslav cinema, and ends with its internationalisation in 2004, which marks its official farewell to its Yugoslav profile, more than a decade after its real departure from it.

Membres du Jury

M. Jean-Pierre Bertin-Maghit
Professeur, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3, rapporteur
M. Xavier Bougarel
chargé de recherche, CNRS/CETOBAC-EHESS, examinateur
M. Christian Delporte
Professeur, UVSQ, directeur de thèse
Mme Caroline Moine
maître de conférences, UVSQ, examinateur
Mme Valérie Pozner
directrice de recherche, CNRS, rapporteur

Avis de soutenance Dunja Jelenkovic [PDF - 2 Mo]

Dernière mise à jour de cette page : 27 novembre 2017


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