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Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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CHCSC > Actualités > Les publications > Les publications 2010

La rançon du colonialisme. Les surréalistes face aux mythes de la France coloniale (1919-1962)

Sophie Leclercq
Editions : les presses du réel
Collection : Œuvres en société
ISBN : 978-2-84066-329-4
448 pages
27 €

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De la guerre du Maroc en 1925 à la guerre d’Algérie, les surréalistes sont parmi les rares écrivains à réclamer, aux côtés de l’extrême gauche, « l’évacuation immédiate des colonies ». Fascinés par l’art « primitif » auquel ils tentent d’associer leur propre image, révoltés par l’ordre occidental, ils élaborent une poésie du Sauvage qui renverse les préjugés colonialistes. Orientaliste, leur écriture se veut aussi destruction d’une littérature ethnocentrique et coloniale. Mêlant jusqu’à les confondre, la revendication anticoloniale et l’exaltation poétique de l’altérité, leur parti pris procède avant tout d’une esthétique de l’anticolonialisme. Le surréalisme se redécouvre ici à l’aune du paradigme colonial.

Si, à l’heure des décolonisations, les intellectuels s’emparent de cette position politique, dans les années 1920, les surréalistes sont isolés lorsqu’ils s’insurgent contre la France coloniale. Dès lors, à l’avant-garde qu’ils incarnent dans le domaine esthétique et poétique, correspond une avant-garde politique caractérisée par la précocité et la radicalité de leur anticolonialisme. Fort de cette contestation, « la plus fondée du monde », selon André Breton, le mouvement surréaliste appartient pleinement à l’histoire de ceux qui refusèrent l’impérialisme.

Alors que le surréalisme a fait l’objet de nombreux ouvrages, peu se sont penchés de manière critique sur cette revendication politique. Aujourd’hui, les cultures extra-occidentales sont largement mises à l’honneur tandis que le passé colonial de la France fait l’objet d’un important travail mémoriel. Or, dès les années 1920, les surréalistes s’appropriaient déjà ces questions. L’histoire de leur anticolonialisme, indissociable de leur représentation poétique des non-Occidentaux, éclaire le présent de manière singulière.

Informations complémentaires :

Historienne, Sophie Leclercq a travaillé jusqu’en 2009 au département de la recherche et de l’enseignement du musée du quai Branly et a enseigné à l’Institut d’études politiques de Lille. Elle est actuellement chef de projet au Centre national de documentation pédagogique.
Cet ouvrage est issu d’une thèse de doctorat soutenue au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’UVSQ.

Contact presse :
Patricia Bobillier-Monnot
Tél. :  00 33 3 80 30 75 23
patriciabobillier@wanadoo.fr

Dernière mise à jour de cette page : 25 avril 2013


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