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Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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Festival "Les Médiatiques" 4ème édition

Ce festival, organisé par François Robinet, a pour but de comprendre la construction de l'information par les médias et de mettre en relation les pratiques journalistiques avec les représentations que les médias nous donnent à voir du monde.

Affiche Les Médiatiques-2.JPG
Médias, luttes et révolutions

Les révolutions qui ont touché ces dernières années les pays arabes se seraient-elles déroulées de la sorte sans recours aux nouveaux modes communication utilisés par les militants, manifestants et résistants impliqués dans la contestation des pouvoirs en place ? Sans doute parfois exagéré par certains commentateurs, le rôle joué par les réseaux sociaux dans la diffusion de ces mouvements, dans leur capacité à mobiliser de manière quasi immédiate un grand nombre de personnes et dans leur aptitude à fournir rapidement à l’opinion mondiale témoignages et images des événements a sans nul doute contribué à leur réussite totale (Tunisie) ou partielle (Egypte, Libye) dans la déstabilisation de pouvoirs en place depuis plusieurs décennies. Les médias ont ici accompagné l’action des contestataires tandis que les journalistes se confrontaient aux ressources et aux pièges d’un accès instantané aux informations fournies via les réseaux sociaux.

Ces liens étroits entre les médias et certains événements révolutionnaires sont cependant loin d’être nouveaux. La Révolution française fut ainsi une période de mutation de la presse (mise en place de la liberté d’expression ; apparition de plusieurs centaines de feuilles d’opinion ; essor d’une fonction morale et éducative des journaux …) tandis que de nombreux  révolutionnaires virent dans l’activité pamphlétaire et journalistique un moyen utile d’agir sur l’opinion et de peser sur le destin politique du pays.

Les révolutions paraissent dès lors constituer des temps très spécifiques pour le travail journalistique. Périodes agitées ne permettant pas d’adopter aisément un positionnement de neutralité, celles-ci semblent à la fois constituer des périodes d’intense activité journalistique pour couvrir les événements mais aussi des moments de mutations des pratiques, des formes, des contenus voire des usages de l’information.

C’est pourquoi la quatrième édition du festival Les Médiatiques se propose d’éclairer ce qui se joue dans ce rapport complexe - et sans doute variant - entre les médias et les périodes révolutionnaires. Pour cela, chercheurs, cinéastes, documentaristes et journalistes viendront livrer leurs analyses et leurs réflexions à propos de périodes révolutionnaires touchant des époques et des espaces très divers. L’étude des révolutions politiques des XVIII-XIXème s. (révolution française, américaine et anglaise ; révolution haïtienne de 1804 ; révolution de 1848 ; Commune de Paris…), des révolutions de type marxiste/communiste (révolution de 1917 ; révolution chinoise ; révolution cubaine…) ou de grands mouvements populaires plus récents (révolution iranienne de 1979 ; révolution roumaine de 1989 ; révolutions arabes…) permettront ainsi d’aborder quatre dimensions fondamentales des liens entre médias et révolution.

Une première dimension porte sur les représentations générées et diffusées des révoltes et des révolutions. Comment ces révolutions sont-elles données à voir ? Quels sont les figures, les symboles et les scènes mobilisés de manière récurrente par les journalistes ? Quelle iconographie de la révolution imprègne les récits et images d’information ? Quelles sont les esthétiques de la révolution fabriquées par les médias français et internationaux ? Que nous apprennent les récits journalistiques sur la manière dont se déroulent les révolutions ? Dans quelle mesure ces représentations médiatiques contribuent-elles à forger l’événement révolutionnaire et à distinguer celui-ci des révoltes, émeutes ou mouvements sociaux ?

Un deuxième enjeu questionne le rôle joué par les médias lors de ces différentes révolutions. Les journalistes, documentaristes et cinéastes sont-ils des témoins ou des acteurs des grands événements révolutionnaires qui ont jalonné l’histoire récente de l’humanité ? Est-il possible de dégager des évolutions ou des mutations de ce rôle selon les périodes ou les espaces concernés ? Comment les mutations de la sphère médiatique et les évolutions du fonctionnement de l’espace public contribuent-elles à modifier le rôle joué par les médias avant, pendant et après les événements révolutionnaires ? Quelle fut l’influence des grands moments de révolution technologique (révolution de l’imprimé ; révolution industrielle ; révolution numérique) sur l’évolution de ce rôle ?

Un troisième axe de réflexion portera plus spécifiquement sur la situation actuelle du journalisme et de la sphère médiatique dans leurs rapports aux différentes formes de contestation et de révolte. Quels liens entretiennent ces professionnels avec les idéologies révolutionnaires ? Quelle est l’influence des médias dans la capacité qu’ont certains groupes à se mobiliser, à devenir visibles et à faire entendre leurs voix ? Dans quelle mesure les médias dominants contribuent-ils à canaliser l’esprit de contestation, les critiques de l’ordre établi ou les voix rebelles et marginales ?

Une dernière dimension fera enfin la part belle aux pratiques journalistiques. Comment le professionnel couvre-t-il ces moments très spécifiques ? Dans quelle mesure les révolutions et leurs conséquences modifient-t-elle la situation des journalistes et le fonctionnement des rédactions ? Quels sont finalement les grands moments durant lesquels s’est affirmée une véritable révolution des pratiques journalistiques ?

Cette nouvelle édition voudrait proposer un temps de rencontres, d’échanges et de débats sur le rôle et sur les responsabilités des journalistes lors de ces temps troublés que ceux-ci se déroulent dans un contexte démocratique, autoritaire ou dictatorial. Cette quatrième édition sera ainsi l’occasion de revisiter des périodes d’inflexion de la vie des sociétés humaines porteuses de drames, de persécutions et de morts mais aussi d’idéal, d’espoir et de lutte commune.

Festival organisé par François Robinet (CHCSC)

FOCUS : mardi 10 février

Journée organisée en partenariat avec l'Institut national de l'audiovisuel (INA) et le Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC) :

Lycée Voltaire
3 Avenue Voltaire
45100 Orléans


Les médias, acteurs ou témoins des révolutions ?


10h-11h Caroline Moine (CHCSC-UVSQ) : La médiatisation de la chute du mur de Berlin.
11h-12h Projection du documentaire Roumaine : une révolution dans l'oeil des médias.

Figures mythiques de la révolution

14h-15h30 François Robinet (CHCSC-UVSQ) : Le procès Debray et la mort du Che.
La séance sera accompagnéee d'une présentation des collections de l'INA par Sophie Bachmann.
15h30-17h Projection du documentaire Graffiti Baladi (2014, 52 mn) en présence des réalisatrices Leslie Villiaume et Lisa Klemenz.

Informations complémentaires :

Télécharger le programme complet [PDF - 1 Mo]
Visiter le site du Festival "Les Médiatiques 2015"

Dernière mise à jour de cette page : 6 février 2015


Partenaires :


















Informations pratiques

du 9 au 15 février 2015
François Robinet francois.robinet2@uvsq.fr
 

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