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Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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3 questions à Viera Rebolledo-Duhin : lauréate du prix de thèse CTHS

Lauréate du concours de thèses du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) pour sa thèse sur "La librairie et le crédit. Réseaux et métiers du livre à Paris (1830-1870)".

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Chercheuse au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’UVSQ, Viera Rebolledo-Dhuin vient de recevoir le prix de thèse du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) pour son travail intitulé "La librairie et le crédit. Réseaux et métiers du livre à Paris (1830-1870)". Sa thèse soutenue en décembre 2011, s’inscrit dans le courant d’une histoire économique du livre influencée par les travaux de Frédéric Barbier et de Jean-Yves Mollier. La récompense lui permet de bénéficier d’un accompagnement en vue de la publication de ses recherches (Éditions du Comité, collection CTHS-Histoire).


Quel a été votre parcours universitaire ?

Enthousiasmée par la lecture d’un texte de Marcel Mauss au lycée, je me suis tournée dans un premier temps vers l’ethnologie. Seule l’université de Nanterre présentait un double cursus couplé avec l’Histoire, discipline, à mes yeux, indispensable à l’étude des sociétés. J’y ai fait ma maîtrise puis mon DEA avant de passer les concours.

Mon année de licence, passée en partie à Santiago du Chili pour réaliser quelques terrains d’études d’anthropologie, m’a converti définitivement à l’Histoire. Les cours de Pierre Carlier en histoire grecque, d’Alain Plessis et de Nicole Edelman en histoire contemporaine ont eu également leur part dans cette trajectoire. A mon retour, j’ai proposé à Michel Lescure mon sujet de maîtrise, que j’ai poursuivi en DEA : les faillites de libraires-éditeurs. Après deux années de concours j’ai demandé à Jean-Yves Mollier d’encadrer ma thèse. Son accueil chaleureux, qui ne s’est jamais démenti par la suite, m’a fait rejoindre l’UVSQ.

Votre champ de recherche est celui du livre et de la librairie, de leurs acteurs et leurs difficultés dans le Paris du XIXème siècle. Quelles sont les grandes caractéristiques de cette thématique ? Certains aspects de recherche peuvent-ils résonner avec la crise actuelle du livre papier ?

Au XIXe siècle le marché du livre a subi de profondes transformations, c’est ce que Frédéric Barbier, historien du livre français, nomme la seconde révolution du livre. Le moment le plus douloureux pour les libraires se situe sous la monarchie de Juillet, période durant laquelle, chaque année, plusieurs dizaines de libraires déposaient leur bilan auprès du greffe du Tribunal de commerce de la Seine. Mais ces défaillances commerciales témoignent avant tout de l’intensité du dynamisme de ce secteur dans les années 1830-1840. L’analyse des faillites constitue également un moyen permettant d’étudier les modes de financement des libraires et leur évolution.

Le motif de la « crise du livre » est récurrent depuis son invention. On ne peut entendre par là ni le déclin du livre ni celui de la lecture : comme la « crise » de 1830, il me semble que la révolution numérique actuelle conduit à une métamorphose des pratiques de lecture, que l’on pourrait dire exponentielles sinon extensives. L’essor de l’édition indépendante, en France pour le moins, ne permet pas de croire à la fin du livre papier.

Que représente pour vous ce prix du Comité des travaux historiques et scientifiques et quels sont vos projets à venir ?

J’ai été très heureuse d’apprendre il y a quelques jours les résultats du concours du CTHS. L’obtention de ce prix constitue un gage de reconnaissance, qui m’encourage à poursuivre d’autres pistes de recherche. Grâce à l’honneur que m’ont fait les membres éminents de la commission du concours, j’ai la chance de publier ma thèse dans des délais assez brefs au sein d’une collection d’histoire institutionnelle. Cette publication m’oblige à réduire mon texte de deux tiers, ce qui est intéressant car je suis amenée à repenser mon travail pour réaliser, avec l’aide de deux tuteurs, un ouvrage accessible à un public élargi.

Par ailleurs, divers projets m’animent aujourd’hui. L’étude des liens entre gens du livre et gens de finance au XIXe siècle représente un des nombreux axes que j’aimerais développer.

Informations complémentaires :

Dernière mise à jour de cette page : 10 décembre 2012


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Publié jeudi 28 juin 2012
 

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