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Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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Appel à communications: Mixité et métissage dans l’histoire XIXe-XXe siècle

Colloque international organisé par l’Institut d’Histoire du Temps Présent, l’Université Paris 8, le CHCSC et le Centre d’histoire de Sciences-Po Paris les 4, 5 et 6 décembre 2017.

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La figure du “métis” et la hantise du métissage occupent une place centrale dans l’imaginaire raciste et antisémite. Le foisonnement terminologique autour de ces catégories atteste tout à la fois de leur centralité et du caractère universel des pratiques auxquelles elles renvoient : half-cast, mulâtre, quarteron, chabin… Dénuées de tout fondement biologique, les notions de « métissage » ou de « mariages mixtes » sont des constructions sociales qui n’en ont pas moins joué un rôle important dans la formation et l’assignation des identités et dans l’élaboration de «biopolitiques». En Europe occidentale comme dans les Empires coloniaux, les « métissages » étaient le plus souvent réprouvés qu’il s’agisse de mariages entre personnes de différentes religions, nationalités ou « races » -suivant la terminologie d’usage. Perçue comme autant de menaces sur un ordre social protégé par des frontières de diverse nature, la pratique du « métissage » suscita différents types de législations entre politiques d’assimilation des rejetons issus des unions mixtes ou relégation dans une altérité radicale. Au sein des États assumant ouvertement une politique raciste et/ou antisémite, les mariages mixtes furent souvent interdits. Ainsi, au cours des années trente et pendant la Seconde Guerre mondiale, la question des “mischlinge”, des « demi-juifs » fut une obsession pour les nazis et un véritable casse-tête pour la plupart des Etats antisémites, dans le contexte des années trente et de la Seconde Guerre mondiale. Même lorsqu’il n’existait pas de statut spécifique pour les conjoints ou les descendants de mariages mixtes, ceux-ci subirent aussi, dans la plupart des cas, des discriminations quoique moins sévères, en général que les celles qui frappaient les conjoints juifs.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la notion de métissage a fait l’objet d’une re-sémantisation chargée de connotations positives. Vue comme un processus irrépressible, la mixité a été valorisée dans le champ culturel, les notions de métissage ou de transferts étant objectivées comme autant de processus constitutifs de l’histoire de l’humanité, perçus comme facteurs d’enrichissement plutôt que comme vecteurs de corruption ou de déperdition des patrimoines culturels et artistiques. Elle a également été investie d’espoirs politiques et philosophiques, notamment par des organisations internationales telles que l’UNESCO, ou encore  théorisée à travers, par exemple, la notion connexe de créolisation développée par Edouard Glissant.

En dépit (ou peut-être en raison) du processus de mondialisation et de l’intensification des migrations au long cours, les résistances n’ont pas disparu. Métissage et mixité suscitent encore aujourd’hui, fantasmes, craintes et rejet. À droite et à l’extrême-droite, ils sont perçus comme un facteur de décadence des sociétés occidentales confrontées à la perte de leur identité. À gauche, non sans paradoxe, le refus de la mixité est porté par certains mouvements antiracistes tandis que sur la scène artistique, certains mouvements livrent bataille contre les phénomènes qualifiés « d’appropriation culturelle ».

Ce colloque international voudrait, moyennant une approche principalement, mais non exclusivement, historique, appréhender la « question du métissage » dans une perspective qui mette en relations les enjeux idéologiques, politiques, sociaux et culturels. Sans nous priver d’éclairages de longue durée, nous voudrions analyser les enjeux et les pratiques relatifs à la question du métissage lors des XIXe et XXe siècles, et dans une perspective d’histoire du temps présent. Il s’agira moins de proposer un tableau évolutif à visée exhaustive que d’interroger les facettes multiples d’une question, de considérer ce qui se noue (et se dénoue) autour de la mixité et du métissage dans différents contextes spatiaux-temporels.
Quatre approches seront ainsi  privilégiées :

Représentations
Entre mixophobie et mixophilie (Taguieff),  on confrontera les différents types d’imaginaires associés à l’idée de “croisement” entre des individus d’origine, de culture ou de religions différentes de qu’ils se dégagent  de textes savants, littéraires, de discours religieux ou politiques ou de productions des médias.

Pratiques

Une deuxième approche consistera à aborder la question du métissage dans une perspective d’histoire sociale en examinant ce que signifie la mixité –ou son refus-  en terme de stratégie d’élévation sociale , de subversion d’un ordre établi ou d’affirmation de valeurs alternatives. Le prisme du genre devra nécessairement être considéré,  la mixité pouvant conduire à certaines formes d’émancipation ou venir aggraver des rapports de domination.

Politiques
Une troisième section s’attachera à explorer les ressorts des politiques relatives à la mixité,  au niveau des États, des autorités religieuses et des instances s’exprimant au nom des groupes communautaires ou des mouvements antiracistes.

Métissages et transferts culturels
Une dernière section reviendra sur les enjeux culturels du métissage, ou des mouvements  hostiles de dénonciation de différentes formes « d’appropriation culturelle » à partir de quelques études de cas paradigmatiques sur leurs mécanismes.

Informations complémentaires :

>Télécharger l'appel à communications en français [PDF - 423 Ko]
>
Télécharger l'appel à communication en anglais [PDF - 423 Ko]

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Les propositions en français ou en anglais (une page maximum) sont à adresser avant le 6 octobre 2017 accompagnées d’un CV à l’adresse suivante : metissagecfp@gmail.com

/medias/photo/icone-puce-violet_1326980914396.gifComité scientifique 
Christian Delage (Paris 8-IHTP),
Anaïs Fléchet (CHCSC-UVSQ)
Christian Ingrao (CNRS-IHTP),
Laurent Joly (CNRS-EHESS-CRH),
Frédérique Langue (IHTP-CNRS),
Pap Ndyaye (Sciences-Po-Centre d’Histoire),
Catherine Milkovitch-Rioux, (Clermont-Ferrand-CELIS),
Pauline Peretz (Paris 8-IHTP),
Samuel Ghiles-Meilhac (IHTP-CERA)

/medias/photo/icone-puce-violet_1326980914396.gifCoordination scientifique
Marie-Anne Matard-Bonucci (Paris-8-IUF, IHTP-CERA)

Dernière mise à jour de cette page : 12 septembre 2017


Informations pratiques

Vendredi 6 octobre 2017
IHTP (CERA)
Université Paris 8
 

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