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Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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Séminaire: Éthiques & Mythes de la Création (2018-2019)

Autour de Sade, politique et philosophie de la dérision

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Invitées: Marie-Paule Farina, autrice de l'ouvrage Le rire de Sade (essai pour une sadothérapie joyeuse, collection "Éthiques de la Création", éds Institut Charles Cros/Harmattan, parution avril 2019) et la cinéaste Maria Pinto Martin qui a réalisé deux films sur Sade : Un sauvage honnête homme (portrait de Jean-Jacques  Pauvert, sur sa passion de Sade)/ Moi qui duperais le Bon Dieu...

Programme


Introduction Sylvie Dallet: "L'imaginaire du XVIIIe siècle"

Une séance revigorante ! Cette séance du séminaire est la première présentation parisienne du Rire de Sade (essai pour une sadothérapie joyeuse), l’occasion de dialoguer avec deux femmes créatrices, attentives à l'écriture sadienne et sa portée philosophique.

Marie-Paule Farina, philosophe née en Algérie, vit entre la France et la Réunion. Très active sur les réseaux sociaux, elle étudie Sade et Flaubert depuis les années 1980, particulièrement les correspondances. Elle a écrit deux ouvrages Comprendre Sade (2012) et Sade et ses femmes, correspondance et journal (2016). Le Rire de Sade est son troisième ouvrage iconoclaste et attentif aux subtilités de l'histoire de la pensée.

Elle écrit : "Sade offre non seulement “tous les sexes, tous les âges, toutes les passions, toutes les débauches, tous les crimes” mais aussi un panorama complet de tous les types d'argumentation et de tous les rêves des philosophes et pourtant sans que jamais l'on ne perçoive très bien où le glissement a lieu, les rêves se transforment en cauchemars, contraignant n'importe quel rêveur au réveil.

Que penser d'un texte effrayant depuis deux siècles bons et méchants, philosophes et non philosophes, sots et hommes d'esprit et qui se donne comme finalité explicite de convaincre, de rassurer, d'encourager, texte effrayant d'ailleurs tout autant quand il dit poursuivre la finalité inverse ?

Bizarre apologiste, bizarre dénonciateur de systèmes dont nul depuis deux siècles ne se reconnaît l'adepte !

“Prêches pour rire” selon l'expression de Clément Rosset : on ne peut mieux qualifier les dissertations qui prolifèrent dans Justine, Juliette et La philosophie dans le boudoir, mais le rire chez Sade n'empêche pas de penser, bien au contraire, c'est le sérieux et la morgue qui tuent tout, y compris la pensée.

Flaubert aimait Sade et disait que c'est en lisant son oeuvre qu'il avait acquis, jeune, très jeune, le sens du grotesque. C'est à haute voix qu'il lisait Sade avec ses amis. Pourquoi le rire de Flaubert, n'a-t-il pas du tout été entendu au XXe siècle? Pourquoi le mélange du haut et du bas, de la pornographie et de la philosophie, de la langue des bordels et de celle des salons, pourquoi ce mélange si caractéristique de la tradition burlesque et carnavalesque n'a-t-il pas été vu ? Pourquoi n'a-t-on pas pensé aux scatophages rabelaisiens ?"

Maria Pinto Martin, littéraire et plasticienne  de formation et d'expression est actuellement scénariste et lectrice pour le Pôle Image Haute-Normandie, (CM fiction, documentaire, Images différentes) ainsi que pour d’autres commissions d’aide au cinéma. En production : suivi du développement des projets de films produits par Antoine Martin Production puis à Sancho et Compagnie, tant au niveau de l’écriture, que dans l’accompagnement et le conseil des auteurs, re-writing des dossiers, Script-doctor, depuis 1998.
Elle est réalisatrice de documentaires (et docu-fictions) depuis 2008, dont :

en 2012: Un sauvage honnête homme, est le portrait poétique de Jean-Jacques Pauvert, éditeur des plus grands écrivains, maudits, insoumis, interdits de la littérature française. Saisi dans son nid d’aigle provençal, au milieu d’une nature exubérante, ce vieux sage au rire enfantin, éblouit de son indomptable amour de la liberté et de sa passion jamais éteinte pour le marquis de Sade, qu’il fut le premier à sortir de la clandestinité. Sa complice de toujours Annie Le Brun vient lui rendre visite pour évoquer le sulfureux marquis.
en 2014 : Moi qui duperais le Bon Dieu met en scène la correspondance du prisonnier Sade dans le donjon de Vincennes. C'est lors de cette longue détention qu'il débute sa carrière d'écrivain en rédigeant une importante correspondance, notamment des lettres à sa femme. Le film, loin de toute reconstitution historique, met en scène une lecture des lettres les plus incendiaires du marquis. Une répétitrice "corrige" les essais de quatre comédiens travestis.

Dernière mise à jour de cette page : 21 mai 2019


Informations pratiques

Mercredi 5 juin 2019
 

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